Le champagne et sa région | Historique | Les premiers pas

Le champagne et sa région | Historique |  Les premiers pas

La naissance

Depuis longtemps, les anglais achètent à la Champagne ses vins en tonneau (le transport du vin en bouteilles restant interdit jusqu'en 1728).
Ils ont l'habitude d'y ajouter du sucre et de la mélasse pour en faire un vin mousseux qu'il conservent en bouteilles épaisses et fermées pour une bouchon de liège.

L'apparition naturelle de cette mousse est, bien entendu, observée par les champenois qui ne savent qu'ils doivent l'encourager ou l'empêcher.
Certains vont alors essayer de la maîtriser, en s'intéressant à la mise en bouteille ou en sélectionnant les raisins qui semblent favoriser la prise en mousse.
La production délibérée des vins de Champagne effervescents se développe au début du XVIIème siècle.

L'idée de Dom Pérignon d'assembler ou des raisins, ou des vins, se généralise et de multiples recherches s'engagent pour résoudre les problèmes de présence de dépôts et de « casse » des bouteilles.

Le champagne est alors connu sous différentes appellations qui qualifient son effervescence : le plus courant : « le Grand Mousseux » ou « Saute-Bouchon » et « le Demi-Mousseux » dont la mousse s'évanouit rapidement.

La viticulture au XVIIIème siècle

Le vin de Champagne effervescent connaît donc un vif succès mais il n'est pas encore vendu à grande échelle et ne concerne qu'une aire de production limitée. Cela malgré la réussite des vins gris qui a entraîné aux XVIIème et XVIIIème siècle une augmentation des plantations.

La vigne est, pour beaucoup de champenois, la ressource principale. On compte ainsi 50 000 hectares de vignes qui sont cultivés selon les méthodes anciennes, soit en « lignes », soit en « foule » (ceps en désordre).
La vignoble champenois va se concentrer autour de quelques pôles géographiques : Bar-sur-Seine, Bar-sur-Aube, la Vallée de la Marne, la Montagne de Reims et la Côte d'Avize.

Au XVIIIème siècle, les spécialistes sont admirer la viticulture champenoise, car dans les grands crus le recherche de la qualité est omniprésente, notamment grâce à la sélection des cépages.
De plus, les efforts déployés pour protéger la vigne sont considérables et donnent naissance à des avancées techniques :

  • 1860 : apparition d'abris faits de paille et utilisation de fumées artificielles pour luter contre le gel.
  • 1890 : apparition d'un appareil mécanique à dos pour combattre les maladies.

Cependant, le métier reste dur, le travail de la vigne contraignant et les inquiétudes sont grandes face aux intempéries, aux gelées et aux maladies.

Acteurs de la Champagne

Les vignerons :

Au XVIIIème siècle, la situation du vigneron reste précaire.
La vigne reste très vulnérable (1789 : gelées profondes, 1835 : pyrale, 1869 : mildiou) les fluctuations économiques de la région touchent en tout premier lieu les vignerons.
Certains sont devenus propriétaires à la Révolution, grâce à la suppression des domaines nobles et ecclésiastiques, mais la propriété reste petite et morcelée, donc peu rentable.

Au XIXème siècle, la vigne disparaît là où elle ne produit que du vin rouge et même si la terre se valorise peu à peu, le vigneron préfère encore vendre le produit de sa récolte au négociant, plutôt que de faire son vin.
Dès la fin du XIXème siècle, les vignerons vont commencer à se grouper en syndicats.

Les négociants :

Certains ont, après la Révolution, constitué des domaines étendus dans les meilleurs terroirs et les marchands de vins tranquilles se sont multipliés.

Le négoce se concentre autour de Reims et d'Epernay et les maisons de commerce voient le jour durant le XVIIIème siècle.
Certains existent toujours et leur vocation évolue alors du simple achat-vente, à l'élaboration de vins effervescents.
Il faut attendre la fin du XIXème siècle pour voir apparaître le terme Champagne.

Parallèlement, la production et la vente prennent une dimension considérable. Les maisons de commerce prospèrent et les nouvelles maison de champagne atteignent rapidement une grande notoriété.